Le yoga thérapeutique

LE YOGA THERAPEUTIQUE

Par Liza Mai pour Marc votre coach magazine

Une riche discipline philosophique alliant le corps et l’esprit

Les personnes qui viennent aujourd’hui au yoga cherchent une solution à leurs problèmes et à leurs souffrances. Dans les média, le yoga est souvent réduit au fitness. Pour ma part, si le yoga, n’était qu’une gymnastique, je n’aurais jamais continué le yoga. Dans les réseaux sociaux, on voit les photos de jolies filles souples, mais le yoga n’est pas un sport, ni une performance acrobatique, ou seulement une pratique corporelle. Quand les yogis ont inventé le yoga, ce n’était pas pour faire du fitness, c’était pour pouvoir être dans un état méditatif, en profonde écoute de soi. Certes le yoga apporte un bien-être par le travail du corps et de la respiration, mais c’est aussi une riche discipline philosophique alliant le corps et l’esprit. 

 Les Yoga-Sutras de Patanjali 

Le yoga existe depuis 5000 ans, les traces remontant aux textes védiques. J’aimerais vous introduire le texte de référence du yoga :

« Yoga Sutras » de Patanjali, écrit il y a environ 2500 ans. Patanjali, un grand érudit indien, est le premier à avoir écrit sur le yoga, il est aussi le 1er grammairien de la langue sanscrite. Le texte est ardu à lire pour les néophytes, car il nécessite des explications. Patanjali n’a pas inventé le yoga, il a juste -comme il le dit- collecté les informations et techniques du yoga qui existaient avant lui. Il apporte des solutions, fruit du travail des yogis depuis des millénaires de pratique.

Le mot yoga vient de la racine sanscrite « yug » qui veut dire lier, une définition courante du yoga est l’union : l’union du corps et de l’esprit. Le yoga étant à la fois un état et le travail méthodique permettant d’atteindre cet état d’éveil, de santé, de quiétude et de clarté. Le yoga est une connaissance expérimentale et transformatrice. Il faut vivre et expérimenter le yoga

Dans l’introduction des « Yoga-Sutra », Patanjali donne une définition du yoga dans le sutra n°2 : « yogah cittavṛtti nirodhaḥ »: le yoga amène la cessation des activités mentales turbulentes. 

D’une manière radicale les yogis ont cherché à se libérer de la souffrance humaine inhérente à toute forme de vie sur terre. Patanjali écrit dans le chapitre II, sutra n°15 : « tout est souffrance pour celui qui discerne la réalité ». Même le plaisir est souffrance car il ne dure pas et il est suivi par la souffrance. Cependant le yoga ne mène pas au nihilisme ou au pessimisme.

 Les 5 causes de la souffrance

Le yoga est la voie du discernement, pour reconnaître les causes de la souffrance qui sont :

1. Avidya : l’ignorance 

2. Asmita : l’ego 

3. Raga : le désir, l’attachement

4. Dvesha : l’aversion, la haine, le refus 

5. Abhinivesha : la peur, la peur de la mort

Nous sommes soumis à l’impermanence de la vie, au malaise existentiel, au conditionnement du passé. Les Yoga-sutra ont une analyse fine, des causes des souffrances (les kleshas), des obstacles intérieurs (les antaraya) -dont je vais parler plus tard-, des différentes énergies et états du mental (gunas) et des conditionnements du passé (samskara). Une des disciplines du yoga est l’étude de soi, pour reconnaître ce qui nous détermine. Donc devenir conscient de nos conditionnements, afin de nous en affranchir. Atteindre la clairvoyance et le discernement sur soi-même et ultimement atteindre l’état de samadhi, voie d’harmonie avec soi et l’univers.

 Comment fonctionne le yoga 

Tout d’abord il faut expérimenter le yoga, cela s’apprend avec un professeur, pas dans un livre ou un DVD. C’est une démarche progressive, une méthode, un ensemble de postures (les asanas), de respiration (le pranayama), de relaxation (yoga nidra), de visualisation et de méditation. Le but du yoga étant la concentration et la méditation. La science de la respiration, est très poussée dans le yoga. Les yogis ont passé des millénaires à observer le souffle et son effet sur le corps, les émotions et son lien à l’esprit. 

 Il y a aussi tout un enseignement philosophique -qui ne se fait pas en cours collectifs de yoga- mais pendant la formation de professeur de yoga. Il faut savoir que l’enseignement moderne du yoga diffère radicalement de l’enseignement traditionnel qui se faisait à 2, de maître à élève. 

La yoga thérapie pourrait se rapprocher de cette méthode traditionnelle d’enseignement car cela se passe souvent en séance individuelle (ou en petit groupe lorsque les personnes ont une problématique similaire). La différence entre le yoga et la yoga thérapie, c’est que la personne vient avec une demande, un objectif que je clarifie. La yoga thérapie s’adresse aux personnes avec un problème spécifique qu’il soit physique, émotionnel ou mental. Aucun pré-requis en yoga n’est demandé, le yoga thérapeute s’adapte à la personne qui commence là où elle se trouve et elle progresse à son rythme. 

 Tout d’abord il faut expérimenter le yoga, cela s’apprend avec un professeur, pas dans un livre ou un DVD. C’est une démarche progressive, une méthode, un ensemble de postures (les asanas), de respiration (le pranayama), de relaxation (yoga nidra), de visualisation et de méditation. Le but du yoga étant la concentration et la méditation. La science de la respiration, est très poussée dans le yoga. Les yogis ont passé des millénaires à observer le souffle et son effet sur le corps, les émotions et son lien à l’esprit. 

Il y a aussi tout un enseignement philosophique -qui ne se fait pas en cours collectifs de yoga- mais pendant la formation de professeur de yoga. Il faut savoir que l’enseignement moderne du yoga diffère radicalement de l’enseignement traditionnel qui se faisait à 2, de maître à élève. 

La yoga thérapie pourrait se rapprocher de cette méthode traditionnelle d’enseignement car cela se passe souvent en séance individuelle (ou en petit groupe lorsque les personnes ont une problématique similaire). La différence entre le yoga et la yoga thérapie, c’est que la personne vient avec une demande, un objectif que je clarifie. La yoga thérapie s’adresse aux personnes avec un problème spécifique qu’il soit physique, émotionnel ou mental. Aucun pré-requis en yoga n’est demandé, le yoga thérapeute s’adapte à la personne qui commence là où elle se trouve et elle progresse à son rythme. 

Les personnes qui viennent me voir ont le plus souvent des problèmes de dos, de mal de dos, sciatiques, lombalgies. Ensuite, viennent souvent des problèmes de posture, d’articulations, mais aussi des problèmes de sommeil, de digestion, d’hypertension, de fatigue, de stress, d’anxiété, de déconnection du corps, de dépression. Les cas de douleurs de dos montrent que les douleurs deviennent handicapantes même en prenant des médicaments, cela va ensuite entamer leur énergie, leur sommeil, leur mental et avoir des répercussions sur leurs vies. Si déjà le yoga peut les aider à soulager leurs douleurs, à retrouver un bien-être, cela va leur permettre de travailler sur d’autres aspects et d’agir en profondeur. On pense souvent que l’esprit agit sur le corps mais le corps agit aussi également sur l’esprit. Les tensions physiques, émotionnelles, mentales vont s’apaiser, l’effet est à l’image d’une eau troublée qui petit à petit va s’éclaircir pour laisser voir le fond de l’eau et la cause du problème. Quelque part le yoga est un parfait moyen de commencer un travail thérapeutique sur soi-même. Voir plus clair, discerner… En séance individuelle -et non en cours collectifs- il est possible, de recueillir la parole de l’élève, ses ressentis, quels sont ses éprouvés, ses affects, et de les élaborer. 

Le yoga et les pathologies mentales

 Le yoga est la recherche de l’équilibre, de l’équanimité. Les pathologies mentales sont considérées comme un déséquilibre. Le yoga a un concept unique de l’équilibre avec les gunas qui sont trois énergies essentielles dans toute forme de vie (Patanjali sutra 15 chapitre 2) :

 • Sattva : l’équilibre (la pureté, la vérité)  - maintenir l’équilibre (canaliser rajas)

• Rajas : l’énergie (l’excitation, le désir) - l’action (sortir de tamas) 

• Tamas : la lourdeur, l’inertie (l’obscurité) - l’inaction 

 Ces trois guṇas, s’entremêlent sans cesse dans la nature mais aussi dans notre corps et notre esprit. Un yogi doit être en bonne santé physique et mentale afin d’atteindre l’équilibre, l’état sattvique. Maintenant, on se rend compte que les méthodes utilisées par les yogis ont des résultats même pour les personnes n’étant pas en bonne santé. 

 A ces gunas qui perturbent la personne, Patanjali ajoute des freins à la pratique du yoga, ce sont des obstacles à l’évolution d’un sujet. Dans le sutra 30 chapitre 1, il désigne 9 obstacles (antaraya), dont je vais vous en citer quelques-uns : la maladie, la dépression, l’inertie, le déséquilibre mental, la folie, l’erreur de jugement, l’illusion et l’inconstance. Ces 9 obstacles engendrent toute une gamme de perturbations. Et le yoga est comme sa définition l’indique : la cessation des activités mentales turbulentes. 

Dans mon expérience avec les élèves ayant des pathologies mentales, j’ai constaté que c’est plus facile de faires des exercices de posture et de respiration mais ce qui demandait de la concentration et de la méditation était difficile. Les postures doivent être bien choisies avec des exercices de respiration appropriés. La relaxation leur fait beaucoup de bien. Leur faire prendre conscience de leur corps est aussi un challenge. Mais une fois la réussite de la séance, l’énergie, la motivation, la joie, et la confiance créée chez la personne vaut la peine d’y avoir investi du temps. 

J’ai observé chez des élèves avec des troubles bipolaires que le yoga va mieux les équilibrer: le dépressif sera plus énergique et le maniaque va être moins agité et plus détendu. De plus, ils ont un meilleur sommeil et une meilleure qualité de vie.

Le yoga réassure l’image de soi et ramène un sentiment de sécurité

Il y a eu des études, surtout aux Etats-Unis et en Inde démontrant les bienfaits du yoga pour gérer le stress, les insomnies, l’anxiété et la dépression. L’armée américaine recommande la yoga thérapie pour les vétérans souffrant de PTSD, syndrômes post-traumatiques. 

On observe que le yoga agit à plusieurs niveaux : 

- Le yoga régule le système nerveux et le système endocrinien

- Il apprend la conscience du corps en douceur, il ramène un sentiment de sécurité, il permet de ré-habiter son corps, il apporte une contenance au sujet, 

- Le yoga crée une nouvelle image de son corps, une nouvelle image de soi et de «moi corporel» selon     Geneviève Haag. 

- Le yoga réassure l’image de soi, le narcissisme blessé, il peut suppléer aux non-reconnaissances, aux déceptions, aux deuils et aux échecs. 

 Dans les institutions spécialisées, il y a des pratiques corporelles car le corps est un média privilégié pour atteindre les expériences précoces inconscientes qui ont existé avant le langage et qui sont les expériences qui tendent le plus à se répéter n’ayant pas pu avoir de représentations et n’ayant pas pu s’inscrire psychiquement. La pratique du yoga est alors à recommander pour ceux qui n’ont pas accès au dire, à la parole pour exprimer leurs symptômes et leurs ressentis.

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