L’exposition Cabanes : à explorer avec les enfants

L’exposition Cabanes, présentée à la Cité des sciences et de l’industrie du 22 décembre 2018 au 5 janvier 2020, prend place dans un nouvel espace désormais réservé aux expositions pour enfants. Au premier étage de la Cité, dans cette exposition surprenante, les enfants de 2 à 10 ans explorent une vingtaine de cabanes originales créées pour l’occasion par des artistes et des artisans. Une cabane faite de nœuds, une cabane qui bouge, une cabane transparente, une cabane dont on peut révéler l’intérieur, une cabane qui fait un peu peur, une cabane à construire...

Pour l’enfant, construire une cabane, c’est aussi se construire soi-même. C’est créer un monde pour y appliquer ses propres règles. Même quand elle est improvisée entre trois coussins, la cabane est un refuge, une cachette, un secret... Elle ne constitue pas seulement un territoire physique ; elle ouvre les portes d’un espace psychique, refuge temporaire. On peut construire pour soi ou pour les autres, pour se couper du monde ou en recréer un. Pour l’enfant, construire une cabane permet de développer la motricité comme les capacités d’anticipation, de créativité, de collaboration et de s’initier à la méthode es- sai-erreur.

Les premières cabanes de l’enfant sont celles du giron maternel et des bras de ses parents. Elles lui permettent de se rassurer et de connaître les limites de son corps. Se réfugier dans une cabane répond aux nécessités psychiques fondamentales comme le besoin de régression, de se rassembler, de se sentir protégé.

Tous les enfants du monde connaissent cette envie de contenance, quelle que soit leur culture. La cabane est, bel et bien, un sujet universel.

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L’exposition s’articule autour de deux axes : des cabanes à explorer et des cabanes à inventer.

DES CABANES À EXPLORER

Les petits vivent des expériences multi-sensorielles à l’intérieur de cabanes insolites. Ils sont plongés dans des univers qui les invitent au rêve, à la curiosité. Ils adaptent leur posture, découvrent des techniques, manipulent des matériaux...

La pendule
Avant même de rentrer dans l’exposition, une installation artistique suspendue éveille la curiosité des jeunes visiteurs. Une cabane suspendue à l’envers dont s’échappe de la lumière. En passant dessous, on peut constater qu’elle est remplie de carpes Koi colorées. Cette installation invite à la rêverie et ouvre l’imaginaire.

Les filets
Cette cabane, conçue et réalisée majoritairement avec du fil, met en évidence différentes techniques de nouage. Elle est fabriquée à partir de matériaux inso- lites : des filets de pêche, de sport, des cordages colorés... Les nœuds réalisés pour cet habillage sont issus de techniques variées : du tressage très serré du macramé à la maille des filets de pêche.
Les visiteurs sont invités à s’exercer à faire des nœuds directement sur la cabane. En s’inspirant pour cela de ceux déjà présents sur la structure en fil et de schémas. Les plus petits manipulent un boulier où certains nœuds sont bloquants de par leur taille ou leur forme.

La liseuse
L’empilement est une technique employée depuis des millénaires dans la construction de cabanes. La liseuse est réalisée avec un empilement de livres et de planches de bois. Les livres destinés aux enfants constituent les briques en partie basse et ceux pour les plus grands, les briques en partie haute. La réutili- sation d’objets du quotidien est ici valorisée.
À l’intérieur, les visiteurs s’installent confortablement pour lire ou se reposer. Des livres sur le thème des cabanes sont à disposition : albums pour enfants et livres plus techniques pour les adultes (architecture, sociologie, ethnologie...). Un endroit confortable qui appelle au calme.

La dune
Cette cabane bouge comme une dune, en fonction des actions des enfants. En se faufilant sous la toile, ils découvrent un espace confortable et chaleureux composé de tapis et de coussins colorés. Les mâts qui soutiennent la toile sont équipés de cordes et de poulies à manipuler. Les jeunes visiteurs adaptent ainsi la cabane à leur posture : s’ils souhaitent la parcourir debout ils élèveront le toit, s’ils souhaitent que les grands n’y accèdent pas, ils l’abaisseront... Ils décident ainsi d’inviter ou non les adultes. La notion d’hospitalité si propre à la cabane est ici mise en avant.

Dedans-dehors
Modulable, cette cabane questionne les codes du dedans et du dehors. D’un côté des parois réversibles, des éléments qui évoquent l’intérieur comme des coussins, des doudous... Et de l’autre, des éléments qui évoquent l’extérieur comme des cailloux, de l’herbe... En faisant pivoter ces murs, les visiteurs choi- sissent ce qu’ils placent en dehors ou au dedans de la cabane.

L’invisible
Une ligne par terre et un peu d’imagination suffisent à délimiter l’espace d’une cabane. Ici le tracé peut être interprété selon chacun : des murs invisibles, un jeu de marelle, des traits sans signification ?... À l’intérieur de cet espace, une image créée par l’illustratrice Betty Bone est projetée dans le vide. Munis d’un support blanc cartonné, les visiteurs peuvent révéler cette projection et découvrir ce qui se trame : un atelier d’artiste animé. En réunissant leurs supports, ils créent un écran plus grand et révèlent toujours plus de choses.

Les bonbonnes
Cette cabane est située dans un entre-deux : inscrite dans son environnement tout en formant une protection, elle est entre intériorité et rapport au monde, entre le dedans et le dehors.
Elle est constituée de matériaux qui jouent avec la transparence : bonbonnes d’eau et rideaux en plastique manipulables par les enfants. Ces rideaux permettent
d’occulter la transparence pour ceux qui sont à l’extérieur et offrent à ceux qui sont à l’intérieur un décor qui évoque la protection et suscite l’imaginaire.

Les cartons
Dans les contes, les cabanes sont souvent auréolées de mystère. Celle-ci, comme un amas de cartons, n’a pas de forme définie, pas de fenêtre : un aspect qui peut faire peur ! Rien n’indique ce que l’on va trouver dans cet espace un peu sombre. Pour le découvrir, les enfants se munissent de lampes de poches dynamo. En entrant, ils découvrent un paysage nocturne éclairé à la lumière noire. En actionnant leurs lampes de poche, ils révèlent des illustrations et des sculptures réalisées par Julien Barthélémy : des personnages décalés et des animaux de la nuit. Face à cette multitude de détails, chacun peut observer quelque chose de différent et échanger avec son entourage au cours d’une expérience qui lui est propre.

La caverne
Cette construction intrigue et joue sur le ressort du frisson. Les visiteurs sont face à une boite recouverte de papier froissé d’où émanent un peu de lumière et de son. À l’intérieur, ils découvrent une caverne avec ses concrétions, ses reliefs, ses habitants, le tout réalisé entièrement en papier froissé. Cette cabane développe un univers fantastique qui joue avec les sens. En découvrant cette installation, les visiteurs sont plongés dans une atmosphère inhabituelle, peut être inquiétante au premier abord, et peuvent prendre le temps de rester dans cette cabane pour en explorer les recoins.

La boîte à cabane
Une caisse de transport ajourée est posée sur le sol. En manipulant le volant fixé sur son côté, les visiteurs ont la surprise de voir se dresser une cabane en bois, à la manière des jouets wakouwa (le plus connu : la girafe qui s’effondre quand on appuie son socle). Les enfants redressent ou font s’écrouler cette cabane, qui entre ainsi dans une sorte de danse.

Les cabines de plage
Trois cabines de plage, côte à côte dans l’espace d’exposition : elles semblent identiques vues de l’extérieur, mais chacune propose une expérience singulière. La première se révèle très grande. Elle est tapissée de miroirs et de plantes qui donnent l’impression de pénétrer dans un immense jardin.
La deuxième cabine est entièrement tapissée de coussins, ce qui lui donne une 
acoustique particulière. Chaque visiteur y fera ce que bon lui semble, comme profiter de ce moment de silence, se reposer, ou crier...La troisième cabine offre un espace d’expression libre aux visiteurs qui peuvent- dessiner la cabane de leurs rêves sur le tissu qui recouvre les parois.

Les origamis
Un pliage géant qui se plie et se déplie à l’envi est laissé à la disposition des visiteurs. Deux exemplaires de cette cabane sont manipulables : un grand pour plusieurs enfants et un petit pour un seul utilisateur. Avec un peu d’imagination, de nombreux assemblages sont possibles.

Le cube
Un cube dans lequel les visiteurs entrent par une des face laissée ouverte. À l’intérieur, de petits cubes mobiles permettent à chacun de créer un aména- gement qui correspond à ses envies : des assises, des lits, des tables ou d’autres éléments plus ou moins inattendus ! Pour habiller les cubes et les parois intérieures de la cabane, les enfants disposent de plaques aimantées illustrées par Marion Barraud qui représentent des images du quotidien. Les possibilités d’aménagement et de décoration sont quasi infinies. Les visiteurs expérimentent la modularité et le plaisir d’aménager sa cabane tout en déve- loppant son imaginaire.

L’arbre
Un arbre étrange intrigue les visiteurs. De l’extérieur, on voit surtout ses branches, fluides et mouvantes, à la manière d’un saule pleureur. Une fois que l’on s’est faufilé à l’intérieur, on découvre deux véritables troncs d’arbres. Pas de cabane à la taille de visiteurs mais de minuscules abris où les tout-petits habitants de cet arbre mènent leur vie. Le changement d’échelle est ici mis en valeur en jouant sur l’effet de surprise.

L’astérocabane
La forme extérieure de cette cabane surprend : son aspect minéral et irrégulier évoque un astéroïde. Pour y entrer, les enfants rampent dans un tunnel (mais ceux qui le souhaitent peuvent y accéder par une plus grande ouverture). À l’intérieur, les sensations sont différentes : on y marche comme en suspension sur un sol souple, on y voit des couleurs et des formes projetées sur les parois.

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DES CABANES À INVENTER

L’un des plaisirs de la cabane réside dans sa construction. Fabriquer, créer, assem- bler et faire tenir avec ce que l’on trouve à proximité... Les enfants font évoluer l’exposition en permanence en construisant leurs propres cabanes.

Le défi

Un grand défi est proposé aux visiteurs : construire des cabanes à partir de matériaux issus du quotidien : tissus, bout de bois, frites de piscine, coussins... Aucune forme n’est imposée, aucun résultat précis n’est attendu. L’important est que les visiteurs expriment leur créativité et leur ingéniosité, seuls ou à plusieurs, pour inventer leurs propres cabanes. Ils peuvent s’appuyer sur un réseau de structures verticales avec des modes d’accroches qui facilitent la construction. Certains éléments déjà assemblés sont là comme points de départs et sources d’inspiration.

L’expérience de construction est d’autant plus riche que les enfants d’âges différents collaborent. Les accompagnateurs sont eux-aussi acteurs. Ils peuvent aider les enfants à concrétiser leurs idées, exécuter les ordres des plus petits ou proposer des solutions.

Les constructions évoluent en permanence. Les enfants ne sont pas tenus de démonter leurs cabanes une fois celles-ci terminées, les prochains se chargeront de récupérer les matériaux qui les intéressent. Deux espaces sont proposés aux tout-petits, spécifiquement étudiés en termes d’ergonomie.

30, avenue Corentin-Cariou 75019 Paris

Porte de la Villette 139, 150, 152 T3b

Ouvert tous les jours, sauf le lundi : de 10h à 18h et le dimanche de 10h à 19h

• Plein tarif : 12

  • Tarif réduit : 9
    (+ de 65 ans, enseignants, – de 25 ans, familles nombreuses et étudiants)
  • Le billet inclut l’Argonaute et le planétarium.
  • Gratuit pour les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minima sociaux, les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur

    cite-sciences.fr

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